Traitement chirurgical de l’endométriose rectale

LRE-Ann-Surg-2010

Cette série originale rapporte une série de 100 patientes opérées d’endométriose pelvienne profonde avec atteinte rectale pour douleurs pelviennes invalidantes ou infertilité. 82% d’entre elles avaient des antécédents de chirurgie abdomino-pelvienne unique ou multiple et toutes les patientes ont été opérées par laparotomie.

Un geste extra-rectal a été associé dans 100% des cas, comportant l’exérèse des lésions d’endométriose pelvienne profonde (ligaments utérosacrés, cul de sac vaginal postérieur), d’endométriose annexielle (trompes et ovaires) et péritonéale. L’intervention a comporté l’exérèse de lésions digestives multiples (n=45) et de lésions urologiques associées (n=23). Le nombre moyen de lésions d’endométriose pelvienne profonde et de lésions d’endométriose réséquées étaient de 3,9 ± 1,4 et de 5,5 ± 1,6 par patientes, respectivement. Une résection rectale avec anastomose colorectale basse (n=84) ou anastomose coloanale directe (n=16) a été réalisée dans tous les cas. Une chirurgie conservatrice de la fertilité a été possible chez 92 patientes. Il n’y a eu aucun décès et la morbidité chirurgicale a été de 16%. Seize patientes ont développé une neurovessie périphérique transitoire, dont la prévalence était significativement augmentée par une anastomose colo-anale, une hystérectomie non conservatrice associée et l’existence de plus de quatre lésions d’endométriose pelvienne profonde.

A un recul de plus de 6 ans, 94 patientes avaient un résultat jugé excellent ou satisfaisant, sans récidive d’endométriose digestive ou urologique. Deux patientes ont développé une récidive d’endométriose pelvienne profonde. Les auteurs concluent que 94% des patientes opérées d’endométriose rectale ont un excellent résultat fonctionnel, à la condition que toutes les lésions d’endométriose extra-rectale soient réséquées dans le même temps. A cette condition, le taux de récidive à 5 ans est très faible.

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